Histoire et patrimoine

Histoire du Marais Poitevin

Des restes d'habitations lacustres trouvés à Reth et à Irleau témoignent d'une occupation à l'époque celtique, dans ce qui était une péninsule isolée du Golfe des Pictons.

Le Marais Poitevin, ancien Golfe du Poitou, s'étend sur 96 000 hectares entre l'océan, les plaines de Vendée au nord, la plaine de Niort (Deux-Sèvres) à l'est et la plaine d'Aunis (Charente-Maritime) au sud. Lieu de pêche et de culture dès le Néolithique, cette immense baie maritime est progressivement comblée par un dépôt d'alluvions. Si les gallo-romains multiplient des passages à gué entre les îles, il faut attendre le Moyen-Âge pour que soit véritablement entrepris la conquête des marécages.

L'’histoire du Marais Poitevin n'est ainsi qu'une longue aventure entre l'homme, la terre et l'eau. Dès le Xe siècle, c'est par l'action conjuguée de la nature et des travaux d'assèchement engagés par les moines des grandes Abbayes que se constituent deux Marais solidaires et complémentaires.

Des digues sont dressées, des parcelles isolées et des canaux fraîchement creusés drainent les eaux jusqu'à la mer. Des portes à flots sont installées en front de mer ; s'ouvrant et se fermant automatiquement avec la force des marées, elles complètent un système d'assèchement ingénieux.

Fruit de laborieux travaux, ce patrimoine nécessite un entretien permanent. Le cycle éternel de l'eau impose à l'homme soins et vigilance. Les hommes du Marais ont toujours leur avenir entre les mains, respectant l'équilibre fragile du milieu. Entre coteaux calcaires et Marais Desséchés, les Marais Mouillés correspondent aux zones d'épandage des crues des rivières comme la Vendée, les Autises et des fleuves comme la Sèvre Niortaise et le Lay.

Vastes territoires composites, ils comprennent d'immenses prairies permanentes inondables réservées aux pâturages collectifs, les communaux, ainsi que plusieurs dizaines d'hectares de terrées (petites plantations denses de frênes traités en tétards). Située entre Maillé et Niort, la Venise Verte est sans conteste le milieu le plus étonnant.

Les origines de Damvix

L''appellation de Damvix, elle, reste quelque peu mystérieuse. Selon l'église, sous le nom de "Datunum" ou "Domnovito", Damvix aurait été donné par Guillaume V, comte du Poitou, vers 1010, à l'abbaye de Saint-Maixent. Selon d'autres recherches le nom de Damvix serait beaucoup plus ancien puisque remontant à l'époque des invasions romaines. Damvix viendrait alors du latin Dam Vix contraction de Damnum Viccus, signifiant "village maudit" ou "bourg des damnés". Selon d'autres recherches encore, il paraîtrait que le village se soit surnommé "la porte de l'enfer" à l'époque du bagne de Cayenne, à l'époque ou les prisonniers devaient traverser nos marais (histoire de leur donner un avant goût des moustiques et sangsues, aujourd'hui disparues de nos marais) pour rejoindre le port d'embarquement de La Rochelle. Une autre origine, plus réaliste, est souvent évoquée. Damvix serait peut-être tout simplement à rattacher à Saint Guy, saint patron de l'église : Dominus Vitus ou Dominus Vicus en latin.